Influencer Monaco Awards 2018 : décryptages (3ème partie)

Hervé BIGAL, de l’agence INFLUACTIVE a passé 48 heures avec les influenceurs internationaux à l’occasion de la première édition des INFLUENCER AWARD MONACO 2018.

Il en revient avec un décryptage des tendances qu’il partagera régulièrement sur plusieurs semaines.

Après deux première parties diffusée lundi et jeudi (à retrouver sur https://www.influactive.com/influencer-monaco-awards-2018-decryptage-des-tendances-de-demain-en-matiere-de-media-sociaux/  

Et

https://www.influactive.com/influencer-monaco-awards-2018-part-2-decryptage/

nous allons vous parler aujourd’hui des nano-influenceurs et de l’intérêt à les connaître.

Partie 3 : Les nano influenceurs

Tous les nominés n’avaient pas les mêmes audiences que les plus grands. Et pourtant toutes et tous ont pu obtenir un prix. Parfois un prix de l’espoir, parfois le premier prix.

Et il était intéressant de voir que même les petits influenceurs (moins de 10 000 fans), par l’emprise qu’ils ont sur leur communauté, suscitent un intérêt, un engagement et une bienveillance de la part de leurs followers, encore plus grands grâce à leur hyper-spécialité et leur proximité avec leurs abonnés (essayez de répondre aux messages quand vous avez 12 millions de fans …)

Pour preuve, notre blogueuse Ophélie, du projet lotus&bouche cousue, avec ses 5 millions de lectures blog par an, ses 16,8 millions de visiteurs uniques sur Pinterest ou ses 23.600 abonnés sur Instagram ne faisait pas partie des plus gros scores. Mais sa communauté s’est mobilisée pour la faire nominer et a suivi toute la soirée le moindre de ses posts.

Là aussi, un annonceur (petit ou grand), sachant recenser, qualifier et engager des nano-influenceurs, pourra commencer à se créer un véritable patrimoine media social, créant ainsi les bases d’une vraie communication virale et engageante même si quantitativement faible.

Bien sûr, des arbitrages seront à faire, par mois ou par an, mais la règle dans ce métier est comme celle d’un trader en bourse. Il s’agit d’acheter les actions lorsqu’elles ne valent pas encore grand-chose pour en espérer une plus-value à moyen terme.

En tant qu’agence, les annonceurs nous posent souvent la question : comment les trouver ces petits influenceurs, comment les connaître, comment négocier avec eux ?

S’il existe des bases de données pour les plus importants, c’est encore la relation humaine qui prime pour les plus petits.

Pour les connaître, il faut d’abord les approcher dans leurs soirées, aller à leurs événements, les inviter à plusieurs reprises. Il faut communiquer avec eux. Les respecter. La plupart n’en vivent pas ou mal. Ils n’accepteront que rarement de promouvoir un produit qu’ils n’aiment pas. Si vous leur envoyez des cadeaux (via le portage), mettez un mot manuscrit personnalisé.

Prévoyez un vrai budget pour les faire venir (car soit il est professionnel et doit facturer son temps et son audience, soit il a un travail et il prendra un jour de congés pour venir à votre événement).

Sa facture n’est pas qu’une question d’heures passées. Elle intègre la valeur de l’audience de son compte instagram ou youtube. Lorsque vous achetez une première de couverture dans ELLE ou Marie Claire, vous ne payez pas uniquement le temps de travail du graphiste qui vous maquette votre projet. Vous payez l’audience du support.

Envoyez un joli cadeau si c’est un portage. Dans un très joli coffret, avec beaucoup de goût. Les instagrameurs profitent de l’ouverture de ces cadeaux justement pour communiquer et mettre en avant le produit (c’est le fameux « unboxing » tant suivi par les communautés).

Appelez-les par leur prénom ou leur instagram name.

Bref, cartographier un eco-système de nano-influenceurs est un métier. Car on en trouve maintenant sur chaque thème. Et tout cela demande beaucoup de temps et d’implication pour arriver à cibler les plus intéressants. Surtout les petits.

En 2 ans les choses ont changé …

Il y a encore 2 ans, on pouvait inviter et préparer des journées pour les blogueurs et blogueuses nationales ou régionales. Quelques cadeaux, des occupations intéressantes durant une journée et on était quasiment sûr de pouvoir inviter de nombreux influenceurs.

Avec quelques centaines d’euros, il n’était pas rare d’avoir entre 250 000 et 400 000 vues de votre marque ou votre produit . Nul support média acheté (paid media) n’arrivait à un tel rapport investissement/visibilité.

Les choses ont changé. Et c’est tant mieux. Au dessus de 5000 followers, il n’est pas rare de voir des nano-influenceurs quitter leur emploi principal pour se lancer dans leur business réseaux sociaux. Dans ce cas, ces personnes ne se déplacent plus pour un cadeau ou un échange de marchandises. Elles négocient leur présence, le type de publication, le nombre.

Elles quittent leur statut de blogueuse pour devenir des media à part entière, dont on payera la parution en fonction de plusieurs critères, certains quantitatifs, d’autres qualitatifs.

En effet, une nano-influenceuse ayant créé une petite communauté impliquée aura un taux d’engagement maximum et donc une capacité à faire résonner votre marque au sein d’une population passionnée et engagée.

Une certaine éthique persiste encore dans ce milieu. Si les placements de produits permettent une juste rémunération de chaque blogueur, beaucoup se réservent encore le droit de ne parler de ce qu’elles aiment. Elles en parleront encore mieux que n’importe quel discours écrit par un community manager de marque !

Apprenons à les respecter car elles sont les liens indéfectibles entre votre marque et votre (leur) communauté.

Elles mettent en exergue les bénéfices du produit parce qu’elles l’ont souvent essayé ou même adopté. Et cela se sent dans leur façon d’en parler.

Alors Mesdames et Messieurs les annonceurs, lorsque vous nous contacterez pour vous monter des opérations, ne pensez pas que nous allons éviter la question de la juste rémunération de chaque blogueur ou blogueuse invité(e) !

N’oubliez jamais ce que Picasso dit à un restaurateur à qui il proposait de faire un dessin sur une nappe en papier pour le dédommager du repas qu’il avait pris. Face au restaurateur qui lui demandait de signer son dessin, Picasso le regarda, surpris et lui répondit : « Je voulais vous payer le repas. Pas vous acheter le restaurant ».

Je vous conseille d’ailleurs 2 articles très intéressants à lire sur le sujet :

https://www.linkedin.com/pulse/les-diff%C3%A9rentes-formes-de-partenariats-avec-un-oph%C3%A9lie-deleuze/

https://www.linkedin.com/pulse/comment-les-marques-choisissent-elles-leurs-oph%C3%A9lie-deleuze/

Par : Sébastien Faure Publié le : 17/10/2018 Tags :